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Alias Petar Molic. Je suis né en Belgique mais avec des ancêtres yougoslaves. Après la guerre en Bosnie, je me suis engagé dans une ONG, mais très vite je me suis intéressé à la situation locale et au peuple. J'ai commencé à écrire. Ceci est mon premier roman, inspiré par des faits réels et des témoignages des victimes d’un trafic humain

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   Les trafiquants de chair humaine - Chapitre 1  0 commentaire
[15/10/2006 8:41]
Nicoletta Mosanu était née à Singerei, une ville qui se situe dans le Sud-est, à environ 30 kilomètres, de la ville Balti. Elle était la plus jeune de trois enfants. Sa sœur avait 3 ans de plus qu'elle et son frère 2 ans. Ses parents étaient de simples fermiers, comme la plupart des gens dans la région et ils vivaient dans une petite ferme appartenant à l'état.

La famille vivait de sa propre production de récolte ainsi de l'élevage de bétail, de chèvres et de la volaille. Dès son plus jeune âge, Nicoleta devait travailler aux champs, dans les étables de vaches, de chèvres et de volailles. Elle devait traire les vaches et les chèvres et elle prenait part à la production de fromage, de la confiture composée de différents fruits et de groseilles, cueillies dans les collines.

Ils vendaient du lait, fromage et œufs aux voisins. Malgré le manque de luxe et d'argent, Nicoleta passa une jeunesse heureuse. Elle visita l'école primaire et secondaire ou elle était avide d'apprendre. Sa mère lui avait toujours dit que la connaissance était nécessaire pour avoir une chance de vivre un meilleur avenir. Elle avait appris de la Russe à l'école, car jusqu'en 1991 la Moldavie faisait partie de la Russie.

La ferme était trop petite pour nourrir 5 bouches affamées. En tout cas, les filles dans cette région se marient très jeunes, comme sa sœur avait fait avec beaucoup de réussite parce qu'elle avait eu de la chance de trouver un mari appartenant à la classe moyenne. Il n'était pas un fermier et avait un bon emploi bien payé dans la ville. Le frère de Nicoleta quitta la maison après le mariage de sa sœur afin de chercher la fortune à l'étranger. Elle restait seule à la maison avec ses parents et le dur labeur. Mais elle ne se plaignait jamais et se sentait toujours heureuse. Sa mère l'aidait autant que possible avec le travail scolaire, quelquefois à la fin d'une longue journée après le travail quotidien. Elle lui enseignait comment traiter des maladies en utilisation des huiles de plantes, d'élixirs et d'alcools extraits des plantes cueillis sur les énormes champs et les collines, étendues partout dans cette région.

Son père était beaucoup trop jeune quand il tomba malade. Il avait seulement 51 ans et il ne se rétablit plus. Il décéda quelques mois plus tard, probablement à cause d'un cancer. C'était des temps difficiles pour la mère et sa fille, mais c'était leur destin. C'est le destin de la majorité des gens vivant dans les régions rurales. L'indépendance en 1991 avait apporté la liberté, mais pas la richesse. Au contraire, c'était chacun pour soi. Sa mère comprit pendant cette période que Nicoleta devrait penser à son avenir et se marier.

Elle avait seulement 14 ans quand elle fut rattachée à son mari, qui était presque 20 ans plus âgé. Il était le seul survivant d'une autre famille de fermier. Il avait autrefois été désigné par les deux patriarches comme le futur mari de Nicoleta.

Elle allait vivre avec son mari, en célébrant le mariage selon les coutumes locales. Peu de temps après, sa mère les rejoignit, parce qu'elle n'était pas capable de maintenir sa ferme toute seule. Le mari prit les dispositions nécessaires et il vendit les biens de sa belle mère. Il était maintenant le nouveau patriarche, mais il n’était qu'un paresseux qui préférait passer tout son temps dans la ville, où il rejoignait ses copains, en buvant beaucoup.

Les profits des biens vendus de sa mère disparurent ainsi dans sa poche. Ils vivaient maintenant dans sa propriété et il était la tête de la famille. Nicoleta ne se plaignait toujours pas et elle continuait sa vie comme avant, travaillant dur.

Elle continuait à visiter l'école pendant le matin, mais elle retournait à la maison dans l'après-midi pour aider sa mère. La plupart du temps, son mari était absent et revenait seulement le soir, presque toujours ivre. Il provoquait des discussions qui pourraient être extrêmement désagréables.

En attendant, sa sœur tomba enceinte et elle ne pouvait plus venir la visiter. Nicoletta aimait sa sœur aînée, la seule personne avec qui elle pourrait discuter de ses problèmes et sentiments. Elle n'aimait pas son mari, mais il n'y avait aucune sortie possible. En Moldavie on se marie rarement par amour, mais plutôt par la nécessité de sécurité. Elle était condamnée à faire le meilleur de son mariage. Une femme ne discutait pas sa situation, elle obéissait et servait son mari.

Maintenant elle sentit la solitude comme elle ne l'avait jamais sentie auparavant. Sa mère s'affaiblissait et il était évident qu'elle souffrait du rhumatisme. Chaque jour sa santé dégradait et finalement elle fut condamnée à rester alitée. Elle n'était plus capable de marcher et elle avait besoin de soins permanents. Il n'y avait pas d'argent pour un traitement médical et Nicoleta s'occupait d'elle, en utilisant toute les connaissances que sa mère lui avait une fois données. Sa mère avait aussi besoin des massages quotidiens afin d'éviter des blessures désagréables, provoquées par les couchés permanents sur le dos.

Son mari n'apportait aucun aide. Il continuait à poursuivre sa propre vie. Nicoleta devint enceinte. Elle avait à peine 16 ans. Mais elle devait assurer le travail à la ferme et s'occuper de sa mère, pendant que son mari ne la respectait pas. Elle fit sa première fausse couche. Un docteur du village lui conseilla de prendre quelques jours de congé. Mais c'était impossible. Les vaches ne pouvaient attendre quelques jours pour être nourries et libérées de leur lait. Son mari n’était jamais disponible pour elle et il refusa de reprendre les tâches les plus difficiles quand elle lui demanda un jour.

Et sa mère avait constamment besoin d'aide. L'angoisse de sa mère dura 5 ans. Un jour, quelque peu après son 19e anniversaire, Nicoletta perdit sa mère, la dernière personne qui s'était vraiment souciée d'elle.

Elle revit sa sœur pendant les funérailles, après une longue période de séparation. Il y a quelques années, son mari avait interdit toute visite de sa sœur, après qu'ils avaient eu une lourde discussion.

Le temps passait, mais la situation ne s'améliorait pas. Son mari la maltraitait tout le temps, même lorsqu’elle devint à nouveau enceinte. Le résultat fut le même comme pendant sa première grossesse : elle perdit vite l'enfant. Le docteur l'avertit de nouveau qu'elle devrait prendre soin d'elle ou elle risquerait de ne jamais devenir mère. Mais à cette époque, une femme moldave ne s'opposait pas au mari! Sans plainte, comme d'habitude, elle continua la routine quotidienne, comme elle l'avait déjà fait depuis une éternité.

Sa sœur avait déjà deux enfants et son mari lui avait acheté une petite voiture. Quand elle savait que Nicoletta était seule à la maison, elle la visitait. Pendant ces courts moments, Nicoletta se sentit si heureuse. Elle avait maintenant 21 ans, une belle jeune femme avec de longs cheveux noirs et un regard sombre et triste.

Elle voulut des enfants, mais elle sut que ce serait difficile vu sa façon de vivre. Pourtant, personne ne pourrait l'aider. Encore une fois elle tomba enceinte et elle essaya dès le début d'être aussi prudente que possible. Elle fut vraiment heureuse après 6 mois de grossesse, parce que pour la première fois le bébé continua à grandir dans son ventre. Elle supplia son mari de faire le plus lourd travail, mais il lui ri au visage, en disant que ce n’était pas son problème, en la laissant toute seule, partant pour ses visites quotidiennes en ville.

Mais cette fois-ci elle atteint la fin de sa grossesse. Bien qu'elle doive travailler jusqu'au dernier jour, elle eut un accouchement sans complications. Sa sœur la visita ce jour-là par pure coïncidence et elle l’aida pendant les dernières heures. Son mari était absent comme d’habitude.

C'était une fille.

Nicoleta fut si heureuse. Pendant cette nuit-là, son mari la réveilla, en se plaignant qu'elle n’était même pas capable de lui offrir un fils! Sa sœur qui s’était réveillée par le bruit, entendit ce qui se passa et elle lui dit fermement ce qu'elle pensait de son comportement indigne. Il sourit juste en grimaçant et retourna dormir. Le temps passait, mais rien ne changeait.

Deux ans plus tard, elle accoucha d’une autre fille et 4 ans plus tard, elle mit un garçon au monde.

La situation en Moldavie changeait peu à peu et en 1994 la nouvelle constitution fut acceptée. Les gens étaient capables de devenir propriétaires de leur maison. Un jour, son mari lui montra des documents prouvant qu'il était propriétaire de sa maison. Elle ignorait d'où il avait eu l'argent nécessaire. Il refusa de lui donner une explication et elle comprit qu'elle était une prisonnière dans sa propre maison. La vie de Nicoleta ne changeait pas, mais elle commença à rêver. Elle voulait sa liberté, avoir sa propre maison dans une grande ville, loin de cette région, en vivant calmement avec ses enfants, en laissant son mari loin derrière elle.

Elle avait trente ans maintenant et elle était toujours belle, mais ses mains devinrent rugueuses et aussi fortes que celles d'un homme. Elle aimait ses enfants comme rien d'autre au monde et souhaitait leur donner une meilleure vie. Pourtant, elle savait que son rêve ne serait jamais réalisé si elle restait à la ferme. Son mari était de moins en moins présent à la maison et elle le soupçonna d'adultère. Elle ne s'en soucia plus, parce que ses absences lui donnèrent plus de temps libre pour ses enfants et elle pouvait aussi visiter sa sœur plus fréquemment, même si elle devait marcher une heure pour y arriver.

Une fois par semaine, sa sœur la prit avec les enfants à Chisinau. Ceux-ci furent les moments les plus heureux de sa vie.

Un jour en 2000, Nicoletta entendit dire par coïncidence que quelques bureaux de voyage cherchaient de jeunes gens qui souhaiteraient travailler à l'étranger. Ils pourraient gagner beaucoup d'argent dans les pays européens riches, comme l'Allemagne, l'Autriche et la France.

Pour la première fois dans sa vie, elle sentit l'espoir. Elle discuta avec sa sœur, en lui disant qu'elle cherchait sa liberté et qu'elle quitterait son mari. Dans ce pays ce fut une décision courageuse, mais dangereuse. Sa sœur connut l’entière situation, mais elle hésita et ne voulut pas approuver le plan de Nicoletta. Avant d'être impliquée dans une dispute ridicule avec Nicoletta, elle lui conseilla d’abord de visiter un de ces centres de recrutement afin de se faire une opinion.

Il y en avait beaucoup dans la capitale.

Nicoletta accepta et ils visitèrent un de ces bureaux. Ils furent reçus par un jeune homme charmant et sympathique habillé dans un costume sombre. Il expliqua que les pays européens cherchaient de jeunes travailleurs parce qu'ils furent bien meilleurs que les européens et bons marchés. Quand même, selon les normes Moldaves, les salaires à l'étranger furent très attrayants. En quelques années elle pourrait avoir récolté assez d'argent pour acheter sa propre maison.

Le recruteur élégant avait immédiatement compris ce que la jeune femme cherchait. Nicoletta, qui n'avait jamais visité un pays étranger auparavant, entendit les cloches sonner dans la tête. Elle trouva ce qu'elle cherchait. Un conte de fées devint réalité. Sa sœur ne fut pas rassurée et posa plein de questions, mais le jeune homme eut une réponse crédible à chacune de ses questions.

Non, il n'y avait rien d'illégal. Non, elle ne devait pas payer d'avance pour le voyage, parce que la compagnie avait un contrat avec des hommes d'affaires européens. Un bus spécial l'amènerait en Autriche, parce que c'était le pays qui cherchait de plus d'ouvriers étrangers.

Qu'est-ce qu'elle devait encore faire? Demander un visa ? Aller à l'Ambassade ? En fait, c'était beaucoup plus simple qu'elle eut imaginé. La compagnie fera tout le travail d'administration.

Elle avait juste besoin d'un passeport! Mais pas de panique, l'agence avait ses employés qui prépareraient tout. Elle n'eut qu'à récupérer son passeport, dès que prêt. Le prochain bus partirait dans deux mois. Il y avait assez de temps pour arranger son voyage en Autriche.

Elle choisit un emploi de peintre à Vienne.

L'homme charmant ajouta son nom sur une liste avec ses coordonnées, adresse, famille, le numéro de téléphone de sa sœur...

Quand ils eurent quitté ce bureau, Nicoletta était dans les nuages et en train de fantasmer de sa maison... Elle était déterminée comme elle ne l’avait jamais été avant et rien ni personne ne l'arrêterait.

Elle croyait qu’une meilleure vie la souriait, mais elle ignorait que c’était l'enfer qui l'attendait.




   Les trafiquants de chair humaine - Chapitre 2  0 commentaire
[15/10/2006 8:12]
Six mois plus tard. Quelque part en Roumanie, la nuit. Une fourgonnette étrangère était le seul véhicule en mouvement dans cette région rurale abandonnée. La petite route sinueuse était à peine visible dans le faisceau lumineux éblouissant des phares mal réglés. Aucune maison ! Il y avait que des terres cultivées, des prairies et des arbres. Deux hommes étaient assis devant. Le chauffeur, un homme bien en chair ne dépassait pas la quarantaine. Son collègue, grand et musclé, n’avait certainement pas encore les trente ans. Le visage carré, défiguré par de multiples cicatrices et des yeux inexpressifs, froids, accomplissait une apparence sinistre.

Sur le siège arrière se trouvaient trois femmes. La plus âgée était Nicoleta Mosanu. Les autres, Melinda et Lilia, ne dépassaient pas les 21 ans. Nicoleta avait rencontré Lilia peu avant le départ à Balti (une ville en Moldavie). Melinda les avait rejoints en Roumanie, à quelques kilomètres de la frontière. La courte conversation révélait qu'elles étaient persuadées de voyager vers l'Autriche. Elles ne parlaient pas beaucoup et les deux types devant se montraient peu communicatifs. Ils fumaient tout le temps et les filles non-fumeuses n'avaient pas assez de courage pour se plaindre. Elles furent trop excitées à l'idée que leur vie enfin changera favorablement. Elles ignoraient que ce changement ne serait pas ce qu'elles attendaient.

Elles avaient attendu si longtemps pour dire adieu à la pauvreté, mais elles quittaient aussi pour la première fois leurs familles.

Nicoleta regarda attentivement à travers la fenêtre, en fixant l'obscurité hypnotique et impénétrable. Elle pensa aux enfants qu’elle avait laissés à la supervision de sa sœur. L'adieu fut douloureux et accompagné de grosses larmes. Elle avait aussi abandonné son mari. Aucun homme ne la battrait encore ! Mais Boris n'avait pas considéré cette séparation comme un fait accompli. Quand elle avait amené les enfants chez sa sœur pour y rester en attendant son départ, il avait vite compris la situation et essayé de la forcer d'abandonner son projet audacieux. Heureusement pour elle, son beau-frère l'avait plutôt convaincu de dégager en lui expliquant que ce serait mieux pour sa santé de ne pas trop insister.

Pour la première fois dans sa vie, Nicoleta planifiait son propre avenir et il n'y avait plus d’utilité pour un Boris ni pour quelqu’un autre.

Elle promettait à sa sœur d'envoyer régulièrement de l'argent d'Autriche. Elle travaillerait aussi longtemps qu’il fallait afin de récolter suffisamment d'argent pour qu’elle puisse acheter sa propre maison. Elle était déterminée. Ses enfants auraient une meilleure vie. Elle s'en occuperait.

Mais Nicoleta n'était plus une jeune fille innocente. Sa vie avait été dure, en laissant beaucoup de cicatrices physiques et psychologiques. Bien qu'elle ait voulu croire en un avenir meilleur, elle avait perdu confiance dans les gens. Les deux individus silencieux en face ne lui inspiraient guère de confiance. Ils ne ressemblaient en rien à ce jeune homme de l'agence de voyages si poli et qui lui avait souhaité bonne chance à l'étranger.

Tout ira bien. Pourtant, elle avait remarqué que son passeport ne contenait qu’un visa pour la Serbie, pas pour l'Autriche. Avant de monter dans la voiture, elle avait demandé une explication, mais l'homme plus âgé avait repoussé son inquiétude avec un sourire peu assurant.

— Ne vous inquiétez pas. Nous aurons un arrêt de deux jours à Belgrade, suffisant pour régler tous les détails, avait-il répondu. Nicoleta avait dû accepter cette clarification. C'était son premier voyage à l'étranger. Elle ignorait tout concernant la politique d'immigration, les visas et le trafic humain. Continuons à rêver ! Pourquoi s'inquiéter ? Finalement, ce voyage a été arrangé par un homme respectable travaillant dans un bureau de voyages reconnu, donc tout devrait être en règle, pensa-t-elle.

Mais les doutes commencèrent à déranger les beaux rêves. Pourquoi voyageaient-ils exclusivement la nuit, en utilisant seulement de petites routes de campagne au lieu des routes principales ? L'endroit, où ils avaient dormi la nuit précédente, pouvait difficilement être appelé une maison. C'était juste une grange, garnie avec deux couchettes de bois couverts de matelas sales, une table vacillante et une cuvette cassée !

Mais pourquoi m’inquiétai-je ? Bientôt, je vivrai dans une maison agréable quelque part en Autriche.

Elle se retourna et jeta un coup d'œil vers les autres filles. Melinda, la Roumaine, assise à sa droite, était une beauté. Elle avait de longs cheveux blonds, entourant un visage ovale avec une petite moue, un nez retroussé et des yeux bleus. Son regard était agréable, rayonnant beaucoup de gentillesse. De grands seins fermes, à peine cachés derrière un sweat-shirt très collant en jaune, accentuaient ce corps mince et gracieux. Elle portait des bluejeans aussi serrés, rendant en valeur de longues jambes minces.

Lilia était moldave, née à Chisinau, la capitale du pays. Elle était une jolie fille de grande taille aux cheveux noirs, vêtue d'un T-shirt blanc et de bluejeans usés. Elle avait un corps musclé, de gros seins et des jambes épaisses. Par contre, sa beauté naturelle fut gaspillée par l’excès de maquillage et mascara, qui la rendait beaucoup plus âgée. Nicoleta se demanda quel emploi elles avaient choisi.

La deuxième nuit passait et ils étaient toujours en Roumanie. Le soleil se leva à l’horizon. Après un coup d’œil sur sa montre-bracelet, l'homme sinistre demanda le chauffeur :

— Arriverons-nous à temps ? Il semblait inquiété.

— Dix minutes.

Nicoleta était fatiguée et aurait préféré fermer ses yeux, mais la dernière remarque lui indiquait qu'ils s'arrêteraient d’un moment à l’autre. Derrière les fenêtres, elle découvrit un environnement abandonné. Elle découvrit seulement des récoltes des deux côtés de la route. Aucune maison, pas de trafic ni d’autres signes de vie.

Après quelques centaines de mètres, la voiture tourna à gauche et quitta la route. Ils cahotaient sur un mauvais chemin de campagne et furent sérieusement secoués, mais pas pour trop longtemps. Après quelques centaines de mètres, elle vit resurgir une grange en bois, dans un état misérable. Le toit contenait de multiples trous. Les murs étaient à moitié gâtés et dévorés par toute sorte d'insectes. Après l'expérience de la nuit passée, elle craignit que ce soit l'endroit pour passer une autre nuit dans la nature. Elle avait faim et soif, mais elle doutait que les deux individus distribuent enfin quelques aliments et boissons.

Pas de surprise à l'intérieur de la grange ! Elles découvrirent un espace semblable à celui qu'elles avaient découvert le jour avant. Elles restèrent muettes, se regardèrent. L’homme répugnant entra et mit une seule bouteille d'eau et quelques chocolats sur la table. Quel festin ! Aucun commentaire. Ses yeux froids balayèrent sans vergogne leurs corps. Instinctivement, les femmes lui tournèrent le dos afin d'éviter les regards affamés. Pour la première fois depuis leur départ, elles eurent peur.

Il n'y avait aucune chaise et elles s'associèrent sur le bord des lits. Les deux hommes sortirent sans dire un mot. Nicoleta essaya d’ouvrir une conversation.

— Que ferez-vous en Autriche ?

— Je danserai dans un vrai cabaret, répondit Melinda.

— Comme moi, ajouta Lilia.

— et vous ?

— Oh, juste peindre des intérieurs.

— Bien sûr.

Le chauffeur réapparut et interrompit leur courte conversation.

— Vous feriez mieux de vous reposer. Nous repartirons durant la nuit et roulerons sans arrêt jusqu'à Belgrade.

Elles avaient rangé juste quelques petites affaires pour le voyage dans le coffre de la voiture.

— Le coffre est ouvert, si vous avez besoin de quelques trucs.

Il n'y avait pas de toilettes et elles cherchèrent un endroit plus ou moins caché derrière la grange, quelque part entre les hautes mauvaises herbes, afin de trouver un minimum d'intimité.

La bouteille d'eau fut vite vidée, mais les hommes n'en fourniraient pas d'autres et elles n'osèrent pas le demander. Elles étaient épuisées et se couchèrent immédiatement. Les deux hommes sortirent et le plus jeune appela quelqu'un via son téléphone mobile. Nicoleta l’entendit au travers la paroi, mais la longue discussion ne lui apportait rien, parce que la langue utilisée était le serbo-croate. La discussion était toujours en cours, quand elle s'endormit.

Le voyage reprit le soir, quand l'obscurité avait étreint la région. Les femmes se sentirent sales, parce qu'il n'y avait aucune façon de faire la toilette. Elles n'osèrent même pas changer de vêtement. Les jeunes filles restèrent instinctivement près de Nicoleta, cherchant visiblement sa protection.

Le voyage continuait, suivant le même scénario de l'autre jour. Personne ne disait un mot à part les hommes qui de temps à autre échangèrent une opinion courte concernant la direction à prendre ou pour damner le mauvais état des chemins. Nicoleta apprit plus tard qu'on avait ordonné aux guides d'éviter toute conversation avec les filles.

En réalité, elle fut trop excitée pour penser rationnellement, parce qu'ils traverseraient bientôt la frontière Serbie Roumanie. Cette nuit-là, les femmes restaient muettes. Elles avaient peur de poser des questions, comme elles pressentirent que quelque chose ne tournait pas rond. Pourquoi voyager la nuit, en évitant tous les endroits habités en utilisant des routes de campagne plus dangereuses ?

À la frontière, le plus jeune quitta la voiture après avoir collectionné les passeports et il disparut pendant quelque temps dans le bureau de la douane. Il sortit dix minutes plus tard avec un grand sourire de satisfaction sur son vilain visage. Il fit un signe de tête dans la direction du chauffeur et il rendit les laissez-passer sans prononcer un mot. Le voyage continuait dans la direction de Belgrade. Quelques heures plus tard, ils y arrivèrent.

Il n'y eut aucun arrêt prévu dans la capitale de Serbie. Le soleil se leva déjà et Nicoleta fut convaincue qu'ils s'arrêteraient quelque part à l'extérieur de la ville. Elle eut raison. Peu après ils atteignirent une grande maison toute blanche, quelques centaines de mètres éloignés de la route principale, accessible par une petite ruelle de terrain. Ils s’arrêtèrent sur le large parking devant la propriété. L’habitation, cachée par une étendue de bois, ne pouvait pas être vue à partir de la route,.

— Nous resterons ici pour deux ou trois jours, prenez vos bagages, aboya le sinistre. Elles obéirent sans dire un mot et le suivirent. La porte s'ouvrit et une jeune femme accueillit les nouveaux venus.

— Igor est là ? demanda le plus vieux.

— Oui, il vous attend à l'intérieur. Vous êtes à temps.

Elle se tourna vers les filles et demanda au ton de routine :

— Avez-vous fait un bon voyage ?

— Oui, merci, répondit Nicoleta, qui sentit le soulagement en voyant une jeune femme qui parlait sa langue.

— Je m’appelle Tania. Suivez-moi, je vous montrerai votre chambre. Elles entrèrent le hall de la maison et suivirent Tania vers de larges escaliers sinueux. Arrivée au premier étage, leur hôtesse les amena dans une pièce confortablement meublée avec trois lits et un même nombre de garde-robes. Nicoleta découvrit immédiatement la salle de bains et le souvenir des mauvaises conditions de voyages fut effacé. Tout se passera bien, conclut-elle.

Tania était moldave, une jeune beauté avec de longs cheveux noirs, typiques pour les habitants de ce pays. Elle ne pourrait pas avoir plus que 25 ans. La jolie silhouette était dévoilée par un minimum de tissus et la minijupe, en rouge foncé, cachait à peine les sous-vêtements. Elle ne portait visiblement pas de bustier. Pas une tenue pour se promener en ville.

— Vous aviez fait un long voyage, donc vous pouvez prendre tout votre temps pour vous rétablir, prendre une douche, avoir un peu de repos et vous préparer pour le diner. Je vous laisserai seuls, soyez prêts à 12 heures, clarifia Tania avec une voix ferme et mécanique, comme elle citait un texte appris par cœur.

Fini les mauvaises surprises. Des draps propres couvraient les lits. La salle de bain était énorme et complètement équipée. Les femmes oublièrent leurs doutes et commencèrent à se décontracter, rire et parler. Nicoleta restait assez distante. Elle se retourna. Elle fut heureuse, mais pas encore convaincue qu’enfin la chance lui souriait. Que trouverait-elle en Autriche ?

Elles utilisèrent la salle de bain à tour de rôle et changèrent leurs vêtements sentant aigres. Elles devinrent de plus en plus bavardes et pour la première fois elles échangèrent des renseignements concernant la façon dont elles s’étaient engagées dans cette aventure. Leurs expériences se ressemblaient, comme elles prendront la même destination : Vienne en Autriche. Nicoleta ne révélait rien de son ancienne vie. Par contre, Melinda et Lila furent enthousiastes et elles racontèrent sans honte qu’elles avaient travaillé dans un bar, comme danseuse de poteau. Malheureusement, les profits ne furent pas très élevés. Une publicité prometteuse dans un journal local avait amené Lilia dans une agence de voyages. Melinda avait visité un bureau semblable sur l'avis d'un ancien client.

Elles profitèrent de chaque moment. Elles rêvèrent.

À midi, Tania réapparut, toujours habillée de la même façon.

— Bien, les dames, nous déjeunerons ensemble et je vous dirai ce qui arrivera pendant les jours qui suivent.

— Allons-nous rester ici cette nuit ? demanda Nicoleta.

— Peut-être, nous attendons une confirmation par appel téléphonique... La réponse ne fut guère rassurante. Soudain, Nicoleta se rappela qu'elle n'avait plus vu les deux compagnons de voyage depuis leur arrivée et elle espérait qu'ils aient disparu pour toujours. Son désir serait satisfait, mais pas comme elle l'avait imaginé.

Elles descendirent l’escalier et entrèrent une énorme salle à manger. Nicoleta conclut que cette maison était apparemment un ancien hôtel d’une autre décennie. Il n'y avait aucun indice d'autres invités.

Le diner était excellent et tous les problèmes furent balayés dans les oubliettes. Le rêve continua, en devint réalité. Mais le réveil était si proche.

— J'ai de bonnes nouvelles. Malheureusement aussi de mauvaises ! Tania soudain relançait la conversation, pendant le dessert. Elles dégustèrent un gâteau doux, fait à Belgrade, mais les femmes s'arrêtèrent immédiatement de manger, faisant face à leur hôtesse. La terreur grandissante fut lisible sur leurs visages. Elles s'attendirent au pire, la plus mauvaise annonce qu'elles puissent imaginer : devoir retourner dans leur pays.

— Nous avons reçu un appel téléphonique d'Autriche et nous avons été informés que les emplois ne sont plus disponibles.

Le rêve entra dans le stade final. Le gâteau n’avait plus de gout.

— Mais nous sommes une entreprise sérieuse, donc nous avons déjà fait des préparatifs. Tania continua.

— Et voici de bonnes nouvelles ! Nous vous proposons un emploi probablement plus profitable que celui que vous attendiez ! dit-elle avec un faible sourire. Elle vit les points d'interrogation dans leurs yeux terrorisés.

— Que voulez-vous dire ? Nicoleta demanda après une courte réflexion.



— Connaissez-vous le Kosovo ? La guerre y est finie et le pays est maintenant maitrisé par les troupes de l'ONU. Des douzaines d'organisations internationales y opèrent et y resteront probablement encore des années. Les Internationaux gagnent beaucoup d'argent et ils ont tous besoin de l'aide. Ils offrent des emplois comme cuisinier, femmes de ménage ou peintre.

— Où cela ?

— Mitrovica, c'est situé dans la partie du nord du Kosovo. C'est aussi une région serbe.

— Mais nous ne parlons pas le Serbo-croate !

— Ce n'est pas un problème. En fait, vous devrez apprendre l'anglais, la langue des internationaux.

— N'oubliez pas que vous aurez récolté en quelques mois assez de fonds pour partager votre richesse avec la famille.

— Ferons-nous le même travail que nous aurions fait en Autriche ? Nicoleta s’inquiéta. Elle connaissait le Kosovo et elle comprenait qu'après n'importe quelle guerre c’est le désordre. Elle ne crut pas que travailler dans ces régions était une bonne idée.

— Naturellement. Le travail sera nettement mieux payé là-bas qu’en Autriche. Tania répondit.

— Et si nous n'acceptons pas votre recommandation ?

— Oh, vous n'avez pas à accepter. Vous êtes libres de refuser et de retourner dans la misère que vous avez voulu quitter! Mais vous devez comprendre que vous serez seuls. Vous devrez payer pour votre voyage de retour. Nous n'avons pas de navette à votre disposition. Comprenez que nous gaspillons déjà beaucoup d'argent pour préparer vos documents et transport. Nous acceptons volontairement ces frais, parce qu'ils sont normalement remboursés par l'agence autrichienne. Malheureusement, dans ce cas-ci nous perdrons notre investissement.

Tout était clair. Bien que personne ne les force à continuer l'aventure, ils devraient le faire. Sans argent pour rembourser le voyage il n'y avait aucune alternative.

— Êtes-vous surs que nous recevrons un emploi à Mitrovica ? Nicoleta craignit le pire. Elle hésita à prendre une décision et voulut une confirmation pour cet emploi promis. Les autres filles restèrent muettes et elles avaient accepté Nicoleta comme leur porte-parole.

— Ne soyez pas inquiets. Comme je vous ai déjà dit, les Internationaux auront besoin de votre soutien. Nicoleta ne remarqua pas le sous-entendu dans cette dernière remarque.

Pendant le reste de la journée, elles étaient libres. Elles retournèrent dans leur chambre afin de se reposer, mais elles ne se sentirent pas à l’aise. Nicoleta essaya de rester positive, mais elle ne fut pas heureuse avec la situation actuelle. Mais que pourraient-elles faire ? Elles étaient des prisonnières dans un pays étranger. Elles avaient quitté la pauvreté, avaient promis ciel et richesse à leurs familles. Quel dommage de retourner avec des mains vides ! Aucun alternatif. Elles devraient continuer, coute que coute.

Elles ne resteront pas quelques jours à Belgrade comme prévu.

Vers la fin de l'après-midi, Tania les informait qu'un nouvel appel téléphonique avait changé tous les plans et qu'elles repartiraient au début du soir avec d'autres guides.

Une autre équipe, une autre fourgonnette et une autre destination.

Un jeune chauffeur, habillé en costume noir de cuir, venait les chercher au début de la soirée. Il ne parlait pas de roumain. Son partenaire attendait près de la voiture. Il portait un bluejean combiné avec un teeshirt blanc. Il ne parlait que quelques mots de roumain. Il était un beau garçon avec un regard timide et des traits de visage presque féminin.

Ils formaient la nouvelle équipe qui recueillit les trois femmes. Le plus jeune rangea leurs valises dans le coffre et le départ fut donné sans qu’ils disent un mot. Tania les regarda depuis l’intérieur du porche, avec un sourire mélancolique sur le visage, en agitant un au revoir. Cela faisait partie de son emploi : rassurer des nouveaux venus.

Les deux hommes fumaient sans arrêt et racontèrent des plaisanteries de mauvais goût. De temps à autre, ils éclataient de rire. Bien que les filles ne comprennent rien, elles se doutaient de la nature des plaisanteries. Les hommes ne faisaient pas attention aux filles et respectaient à la lettre leur contrat. On les avait bien payés pour cela.

Ils roulèrent toute la nuit et arrivèrent au début du matin à Mitrovica. Les cicatrices de la guerre étaient toujours visibles. Ils virent beaucoup de véhicules militaires de KFOR, français et britanniques. Les soldats se trouvaient partout, lourdement armés et habillés d’une veste pare-balle et un casque.

Est-ce que c'était le paradis promis où l'argent pourrait être si facilement cueilli ? La fourgonnette quitta la route principale et traversa un pont. Ils passèrent un check point occupé par quelques militaires qui les laissèrent passer sans aucun contrôle. La voiture se dirigea vers la périphérie de la ville. Dix minutes plus tard, le jeune « playboy » se retourna avec un sale sourire sur le visage.

- Nous y sommes, les dames.

La voiture s'arrêta devant un bâtiment étroit de deux étages. Nicoleta découvrit un panneau au-dessus l'entrée, attachée avec deux petites chaines au bar métallique, battante dans le vent et elle lit les mots écrits en cyrillique. La Moldavie appartenait à la Russie quand elle était jeune. Pendant cette période elle avait appris la langue russe, y compris son alphabet cyrillique.

Elle n'était pas idiote et elle comprit immédiatement. À ce moment précis, elle sut que l'entrée de ce bâtiment n'était pas l'entrée au paradis. Le nom sur le panneau fut clair : Miami Bar.

C'était un bar.

Ce n'était rien d'autre qu'une maison de passe.




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[14/10/2006 18:36]



Jusqu'en 1945, la Moldavie faisait partie de la Roumanie, mais après la Seconde Guerre mondiale, elle a été incorporée dans l'Union soviétique. Bien que le pays fut indépendant de l'USSR depuis le 27 août 1991, les forces russes sont restées sur le territoire moldave à l'est du fleuve Diester soutenant la population à majorité slave, surtout les Ukrainiens et les Russes, qui n'ont pas tardé à proclamer une république "Transnistrie". La Moldavie est une des plus pauvres nations en Europe

Les langues locales officielles sont le Moldave (pratiquement identique à la langue romane), le russe et Gagauz (un dialecte turc).

Le pays a un climat favorable, de bonnes terres cultivables, mais il n'y a aucun dépôt important de minéraux. Par conséquent, l'économie dépend principalement de l'agriculture, en cultivant des fruits, des légumes, du vin et du tabac. La Moldavie doit importer presque toutes ses réserves d'énergie de la Russie.

Le pays est composé de beaucoup de districts et d'arrondissements. Balti est l'un d'entre eux. Le district Balti est situé dans la partie nord-est de la Moldavie près de la frontière roumaine. La ville de Balti (prononcé Belts), quelquefois appelé la "capitale du nord de Moldavie”, a une population de 155,000 et constitue la région administrative et économique principale du district. La ville de Balti est située à environ 125 kilomètres au nord de Chisinau, la capitale de Moldavie. Elle est située sur le fleuve Raut...

Balti est le deuxième district le plus peuplé de Moldavie, avec une population atteignant un demi- million d'habitants, qui est environ 12 pour cent de la population entière de Moldavie. À l'extérieur de la ville de Balti, le comté est surtout un ensemble de jeu de terres cultivables parmi les collines.

Un grand nombre de petits fleuves, serpente le district. Une d’elles est le fleuve Prut, qui sépare le district Balti de la Roumanie avoisinante, Raut, Ciuluc, Camenca, Cubolta et un certain nombre d'autres petits fleuves. Tous ces fleuves sont relativement petits. Le fleuve Prut, qui coule dans le Danube et sépare la Moldavie de la Roumanie, est le plus important de la région, mais n'est pas navigable. Le lac Stinca-Costesti, un des plus grands de Moldavie, a été formé par une digue sur le Prut et couvre une surface de 540 km2.

Le sol est riche en roche calcaire, pierre, caillou et sable. Après Balti, d'autres grandes villes dans le district Balti sont Biruinta, Costesti, Falesti, Glodeni, Riscani et Singerei. Avec la ville de Balti, ces villes représentent environ deux tiers des habitants de tout le district. Environ 44 pour cent de ses résidents vivent dans les régions urbaines. Des Moldaves (51 pour cent) et Ukrainiens (11.7 pour cent) sont les nationalités prédominantes dans le district, avec les Russes et d'autres nationalités représentant la portion restante. La majorité des résidents du district sont de la confession orthodoxe.

La ville de Balti a grandi autour des marécages il y a environ 600 ans, pendant l'ère de domination turque. La ville est aussi l'hôte pour une des principales institutions académiques de Moldavie - l'Université d'État de Balti, Alecu Russo. Le district est connu pour ses groupes de danse folklorique de couleurs vives, pour lesquels Moldavie est réputée dans le monde entier. Un des avantages principaux du district est son endroit tout près de la frontière roumaine. Deux points de passage de douane sont situés dans une distance convenable de la ville de Balti : un tel point est à Costesti, dans le coin nord-est du district Balti, pendant que l'autre point de passage est à Sculeni.

Le système routier dans le district est tout à fait bien développé. La portion Sarateni-Balti de la route nationale Chisinau-Balti, qui est actuellement modernisée aux normes européennes par Cavallieri Ottavio de l'Italie, dans un projet financé par la Banque européenne pour la Reconstruction et le Développement, s'approche de l'achèvement. Les chemins de fer raccordent la ville de Balti avec la Roumanie, à travers la ville d'Iasi en Roumanie et avec l'Ukraine à travers les villes de Moghiliv-Podilskii et de Slobidka.

À la frontière avec la Roumanie, les trains doivent changer des roues pour correspondre aux empreintes de chemin de fer européen plus étroites. Le district est une région économique agricole et industrielle. Son agriculture est fondée sur un des sols noirs les plus fertiles du monde, chernoziom. Le terrain agricole couvre une région de trois-cent-vingt-quatre d'hectares.




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[14/10/2006 13:17]
Sarajevo, le 22 novembre 2002. Il y a presque 40 ans, le 22 novembre 1963, Lee Oswald est entré dans l'histoire comme le présumé tueur du Président Kennedy. Beaucoup de gens n'oublieront jamais cette date commémorative. De même pour Josh Doom, toutefois pour d'autres raisons. Le 22 novembre 2002, il a fut forcé à commencer une lutte inégale contre l'injustice subie, intentionnellement provoquée par certains individus abominables. Ces "ennemis" puissants furent protégés par une institution qui probablement n'admettra jamais les échecs de ses hauts fonctionnaires. Ce jour-là, en travaillant pour la Police d'Union Européenne, il est devenu la victime d'une conspiration machiavélique. Il n'a pas subi de dommage physique, mais l'acte de lâcheté contre lui fut la fin d'une carrière parfaite. Sans se soucier de sa bonne réputation, juste pour satisfaire la conviction de sa culpabilité et par des sentiments de profits, sans avoir aucune preuve, ces caractères d'esprit étroits montèrent une "théorie de conspiration". Le comportement social de Josh Doom ressemblait trop à l'image stéréotypée d'un criminel, donc il devait être coupable et il fallait le destituer de ses fonctions. Ils étaient vraisemblablement intéressés à s'emparer de sa fonction et qui veut noyer son chien l'accuse de la rage.

Cela se passait seulement six mois après qu'ils l'avaient emmené de l'Union Européenne Mission de Moniteur afin de résoudre leurs propres problèmes informatiques. D'abord, ils l'ont accusé de comportement criminel, impliqué dans le trafic humain, mais un Conseiller juridique ignorant, Janus Panaaien, qui ne se rendait pas compte qu'il était leur "marionnette", les avait prévenus que les présomptions ne pouvaient pas être prouvées, et devenir une cause publique dans une salle de tribunal. Là-dessus ils ont préféré changer le chef d'accusation par un terme plus général : 'mauvaise conduite'. Ce mot magique faisait partie de son contrat de travail et fit une raison possible pour un licenciement immédiat.

Le 22 novembre, Josh Doom fut forcé à signer son licenciement sans aucune enquête préliminaire. De plus, l'administration EUPM ne lui permit pas de se défendre. Ni le Commissionnaire ni son député de la Tête de Mission n’acceptèrent une audition demandée. Personne ne voulut lui écouter ni fut intéressé d'entendre ses arguments.

Le jour suivant, il réclama son innocence dans une lettre envoyée au Commissaire. Ce dernier seulement confirma sa décision précédente, en faisant allusion aux quelques obscures rumeurs inventées par ses ennemies. Le Commissionnaire mentionna des rapports l'incriminant, mais la soi-disant évidence restera toujours invisible et ne fut jamais révélée.

Les collègues et les amis lui ont conseillé de rester silencieux, parce que "rien ne changerait jamais ", ont-ils dit. Ces hypocrites avaient peur qu'il pût révéler leurs propres activités privées qui auraient certainement mis leurs carrières en danger.

Josh Doom quitta la mission 10 jours plus tard, mais il commença immédiatement sa propre enquête sur les accusateurs. Il était propre et innocent, mais il ne pouvait pas supposer que le pire était à venir...

Dès son retour, Josh Doom accusa la Police européenne pour abus de pouvoir et la conspiration. Il envoya une plainte officielle au Médiateur d'Union Européenne qui par la suite enquêta plus profondément le cas.

Deux ans plus tard, Josh Doom fut officiellement réhabilité et la police européenne devait payer des indemnités de retardement. Cette histoire réelle surpasse l'imagination de beaucoup de romanciers. Être accusé à tort est difficile à digérer, mais il est encore plus dur de découvrir qu'en troisième millénaire, vous vivez toujours dans une société où vous pouvez facilement devenir la victime de harcèlement par le pouvoir.

Seulement quelques membres de l'équipe de la police européenne Sarajevo ont secrètement organisé cette machination pour des raisons politiques. Ils étaient tous des Britanniques à l'exception du commandant en second, un français, qui était aveugle pour ce qui se passait autour de lui.

Mais l'histoire n'est pas seulement celle de Josh Doom ! Elle vous raconte aussi la misère, le bonheur et le destin de la population locale, en faisant des révélations sur le trafic humain et le travail fait par les policiers européens et les auxiliaires dans les multiples organisations internationales humanitaires. C'est aussi le récit triste d'une jeune femme dupée, Nicoleta Mosanu, qui quitta sa famille pour travailler dans un pays européen riche, mais qui très vite apprit que les miracles n'existent pas! Elle ne fut pas seulement la victime des trafiquants de chair, peu scrupuleux, mais elle rencontra des auxiliaires humanitaires internationaux qui exploitaient les témoignages de propres buts : leur existence dans ce pays. J'ai la preuve que, dès qu'une victime avait donné son témoignage, elle n'était plus d‘aucun intérêt et fut renvoyée dans cet environnement honteux, forcée à la prostitution. Elles ne recevaient aucune protection! Qui se soucie du destin de ces jeunes filles, ces prostituées malgré soi?

Josh Doom et Nicoleta Mosanu découvrirent que la présence d'organisations humanitaires internationales avait peu à faire avec de l'humanité et de la compassion. Les pauvres victimes reçurent rarement l'aide qui leur aurait permis de reconstruire leur vie. Toute aide humanitaire est directement liée aux objectifs politiques et à la visibilité publique via le média. Bien qu'inspiré d'expériences vécues par Mosanu et Doom, j'aie développé ma propre théorie de conspiration pour donner une réponse plausible aux quelques mystères. Que pensez-vous des contacts privilégiés entre fonctionnaires britanniques et politiciens Serbo-bosniaques ? Que pensez-vous des relations étroites entre autorités britanniques et fonctionnaires de Pale? Pourquoi la communauté internationale semble-t-elle être incapable de trouver Karadzic ? Pourquoi voulaient ces mêmes Britanniques que Josh Doom disparaisse? Quelques policiers de Pale, qui collaborèrent avec le tribunal international, furent la victime des meurtres étranges! Une teneur de bar à Ilidza, impliquée dans le trafic humain fut assassinée.

Toutes ces questions feront partie de ce thrilleur politique, inspiré d'une vraie histoire.

Petar Molic

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